Titre : La disciple et les sabres invincibles
Auteur : André Cognard
Format : A5
Nombre de pages : 186
ISBN : 978-2-915384-17-8
Tarif : 16€
Résumé
Dix années après la disparition de son maître, Omori sensei, Alan Vilfort poursuit ses périples entre la France et le Japon. Sa détermination le mène à des rencontres des plus importantes notamment avec l'héritière de la famille Yagyu, jadis école de sabre impériale. La Providence lui permet également de rencontrer un grand maître de calligraphie, Yamanaka Shingai, qui deviendra son ami le plus cher.
Au cours d'une traversée en bateau, une famille lui confie leur fille,Tomomi, handicapée, que les médecins ont condamnée à la chaise roulante. Alan voit en elle un grand avenir et devient son maître. Un long parcours initiatique l'attend afin d'en finir avec les traumatismes ancestraux qui l'accablent. Elle s'appelle désormais Akiko, la disciple.
Extrait
Alan Vilfort avait pris l’habitude de rendre visite à l’école de Yagyu Ryu depuis le jour où il y était allé avec Omori Sensei. Ce lieu l’attirait à plus d’un titre. Tout d’abord, il semblait fasciner Omori Sensei, ce qui était très important pour Alan. Le maître avait toujours des airs un peu mystérieux quand ils se rendaient là-bas. Aki no Kure Sensei avait appris le sabre dans cette école.
Il avait fréquenté ce dojo si beau, chargé de l’histoire de la plus illustre famille de sabreurs du Japon. Le temple zen qui appartenait au dojo avait été fondé par Takuan lui-même, ce qui était déjà en soi un motif d’intérêt considérable.
Et puis, Alan Vilfort ne pouvait s’empêcher de penser à ceux qu’il nommait les trois compères, Yagyu Munenori, Takuan et le shogun Tokugawa Iemitsu, complotant dans ce lieu et décidant en secret de la politique du Japon de l’époque. Enfin, les Yagyu avaient fourni tous les maîtres d’arme des shogun Tokugawa, presque trois cents ans d’instruction du sabre aux hommes les plus puissants du Japon. Pour un passionné de sabre comme lui, c’était là une raison suffisante pour y faire un pèlerinage régulier.
Il avait donc, dix années auparavant, décidé d’appliquer la vieille méthode japonaise, espérant qu’un jour les portes de ce lieu mythique s’ouvriraient devant sa détermination.
Il s’y rendait deux fois par an pour saluer les gens qui habitaient le lieu, et s’incliner devant l’autel dédié à Munenori que le shinto et le bouddhisme avaient canonisé sous le nom de Tajima no Kami.
Il se montrait très poli, respectueux du lieu, discret, ne demandait rien. Il venait pour saluer et ne faisait que cela.
C’était donc une de ces visites rituelles qu’il avait projetée de faire le jour de son arrivée au Japon.
Il rejoignit sa voiture et partit vers le centre d’Osaka.
Il allait prendre le temps de manger un kaiseki.
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