Titre : Le petit manuel d'aikido
Auteur : André Cognard
Format : A5
Nombre de pages : 138
ISBN : 978-2-915384-0-17
Tarif : 18€
L'aikido est un art martial différent.
Il donne à l'agresseur une place incomparable. Il lui reconnaît le mérite de rétablir par son attaque le lien entre deux identités ou deux entités qui ne sont plus en relation. L'aikido dit et prouve que l'identité est constitutive de la relation et que ce qui est menacé par la perte du lien entre deux êtres, c'est la cohésion du monde. Conscient de ce que la loyauté est le facteur de cette cohésion et que cette dernière engendre la paix, l'aikidoka traite son agresseur comme un frère mais il n'est jamais passif devant la violence.
Ce petit manuel d'aikido s'adresse à tous ceux qui pourraient passer le seuil d'un dojo ou qui viennent de le faire. L'auteur répond de manière simple et directe à quelques-unes des questions que chacun se pose à propos des arts martiaux en tenant un discours franc, bien loin des clichés éculés dont on affuble assez couramment son art.
Extrait
La pratique de l’aikido réunit les corps dans une coaction et les sépare. L’attaque qui induit la rencontre est productrice de l’énergie qui permet cette création à deux. A l’intérieur de l’action, il n’est question que de créer de la différence. Différence de temps, d’espaces, multiplicité des actes à l’intérieur d’un seul geste. La technique est complexe et sa complexité permet d’intégrer l’autre avec ses tensions contradictoires, ses hésitations. Elle nous permet d’agir malgré nos contradictions, nos hésitations. Elle nous met en face de cette évidence : l’unité est le rassemblement du multiple, l’identité est une association et une accumulation de différences, le multiple est l’organisation de multiples uns. La conscience de soi, si nécessaire à l’individuation, est dépendante de la prise de conscience de ce que l’unité se produit par la prise de conscience de sa division. Sensei disait ainsi de l’aikido : « On ne doit jamais faire deux fois le même geste. Si en regardant une technique, vous avez l’impression que c’est la main droite qui pousse, alors c’est probablement la gauche ou bien, si ce n’est la gauche qui pousse, la droite tire. Si vous pensez que l’action vient par-dessus, elle est exécutée par-dessous. Quand vous êtes attaqués par une seule personne, faites comme s’il y avait quatre attaquants. Essayez de mieux regarder mais pensez bien que ce qui est fait, ce n’est jamais ce que vous voyez. Ce qui apparaît n’est jamais ce qui est vraiment ». Un seul geste d’aiki, parce qu’il est fait par deux, exprime conjointement l’apparaissant et le disparaissant. Disparition de l’attaque et apparition de la technique ont lieu simultanément, et la technique est la transformation de l’attaque. Le geste est motivé et mu par la même essence, l’amour. Il ne s’agit pas là d’un amour théorique, ésotérique, dogmatique. Il s’agit de créer un lien avec l’autre, concrètement, avec le corps, et d’expérimenter ensemble le multiple. Après un échange, on ne peut pas partager les bénéfices acquis. Chacun reçoit cent pour cent du tout. La voie nous donne cette force de nous relier avec ce qui nous fait peur. Mais ce qui fait de nous des guerriers, ce sont nos armes : l’éthique, la force intérieure que confère l’absence de doute quant à son identité, le respect de l’autre et l’amour de sa différence.
Autres ouvrages d'André Cognard
info@centon.net
Editions Centon
49, rue du Docteur Caron
76420 Bihorel